Certains Hauts Responsables et Hauts Gradés, relevant de mon ex-Département, souffrent de la maladie des Grandeurs !
Il nous incombe, aucunement, de passer sous silence ces pratiques, extrêmement, désagréables, antipathiques, déplaisantes, désobligeantes, incommodes, inopportunes et contre-productives ?
Pourquoi cette maladie des Grandeurs ? pourquoi ce « disease » qui semble, apparemment, chronique et incurable ?
Pourquoi a-t-on besoin de cette grandeur, de cette arrogance, de ce comportement hautain, de cette attitude de supériorité affichée vis-à- vis des collègues ?
Pourquoi chercher à paraitre ? pourquoi ne pas rester soi-même ?
Est-ce que le manque de confiance en soi avait-il atteint des proportions énormes, qu’il a fallu combler le doute du Diplomate en ses qualités académiques et professionnelles, qu’il a fallu remédier à son insécurité personnelle, très prononcée, à son attitude fuyante des autres, à son rejet d’affronter la réalité de son métier, à sa répulsion de s’aligner sur les règles du fonctionnement de sa profession…?
Pourquoi je dis sa répugnance de se conformer avec objectivité et impartialité aux normes authentiques et avérées de son Institution ?
La Diplomatie demeure, en effet, une œuvre collective, un labeur de caractère collégial.
La Diplomatie constitue une totalité indivisible, indissociable et inséparable !
En ayant recours à l’arrogance et à la grandeur, on empiète, manifestement, sur le caractère collectif de la fonction et on contredit l’aspect collégial de la profession.
En matière de Diplomatie, chacun a besoin de l’autre et vis versa.
Sous un autre angle, la Diplomatie, dans sa dimension de division des taches, renforce, consolide et explique, indéniablement, l’aspect complémentaire de cette fonction.
Il en découle que l’arrogance et la grandeur pourraient, parfaitement, dissocier et séparer la Diplomatie de sa nature et de ses règles cruciales, inhérentes à son fonctionnement.
C’est dire, en manifestant une attitude et un comportement humble, accessible, naturel et modeste, on permet à la Diplomatie de s’exercer dans un contexte, des plus approprié, voire répondre à ses conditions objectives et par conséquent, satisfaire ses exigences et ses impératifs d’ordre collectif et collégial.
En adoptant un comportement hautin et une attitude de supériorité affichée à l’égard des collègues, le Diplomate ne va, aucunement, se distinguer, il ne va, aucunement, se différencier, se singulariser ou se faire remarquer, au contraire, il sera, en train de se contredire, de se contrarier, de renier le bien-fondé, l’authenticité, la pertinence et la relevance de sa fonction.
Le Diplomate devra, plutôt, militer pour la cohésion, la cohérence, l’homogénéité et la solidarité entre les membres du Groupe.
En d’autres termes, vouloir jouer la vedette n’existe pas en Diplomatie !
Vouloir attirer excessivement, démesurément et abusivement, l’attention ou bien vouloir, coûte que coûte et à n’importe quel prix, se mettre en valeur, va, automatiquement, à l’encontre des préceptes, des normes, du fondement, de l’essence et des principes de base de la Diplomatie.
En 2011, au siège des Nations Unies à New York, j’étais, profondément et intensément, ému et en même temps, impressionné, lorsque j’ai vu l’Ambassadeur Représentant Permanent d’un pays de l’Amérique Centrale, assis derrière le délégué, pendant toute la durée de la Réunion. L’Ambassadeur avait considéré que son délégué connait mieux les dossiers, cette fois-ci et par voie de conséquence, était le mieux positionné pour participer au débat de la Réunion et partant, assurer une fructueuse et meilleure représentation du pays.

