Le conflit militaire entre Washington et Téhéran constitue, sans équivoque, une composante incontournable de la Compétition Idéologique Stratégique Globale !
Aux yeux de Moscou et de Pékin, l’ambition n’est pas, forcément, de permettre à l’Iran de gagner la guerre. L’ambition est plutôt d’empêcher les USA de remporter une victoire rapide et décisive, susceptible de renforcer leur influence internationale, notamment dans la Région du Moyen Orient.
En soutenant, indirectement, Téhéran, la Russie et la Chine pourraient contribuer à prolonger le Conflit et à accroître son coût pour Washington.
Derrière les images de destruction, se développe, souvent une autre forme de conflit, plus discrète, plus complexe, voire davantage, déterminante.
Plusieurs indices ont attesté que la véritable dynamique stratégique se jouerait dans le cadre d’une zone grise propice, permettant à certaines grandes puissances d’agir, sans apparaitre comme des belligérants.
Pour le Kremlin, comme pour l’Empire du Milieu, la confrontation entre Washington et Téhéran aurait présenté, aussi bien des risques que des opportunités. L’alternative judicieuse avait consisté donc à agir dans l’ombre, dans le cadre d’un différend invisible, en apportant un soutien limité, mais potentiellement, décisif en faveur de l’Iran, tout en maintenant, officiellement, une position de neutralité diplomatique.
Cette logique correspond à une stratégie classique, vécue pendant l’ancienne époque des rivalités entre Grandes Puissances.
Au cours de la guerre froide, les USA et l’ex URSS soutenaient souvent des acteurs locaux dans le cadre de conflits régionaux, afin de pouvoir affaiblir leurs adversaires, sans entrer, directement, en guerre.
Cette logique semble, aujourd’hui, réapparaître, sous une forme nouvelle, adaptée aux réalités du 21ème siècle.
Comme conséquence de cette nouvelle configuration, les frontières entre guerre et paix deviennent, de plus en plus, obscures, ténébreuses et imprécises.
Les opérations militaires visibles ne représentent qu’une portion du conflit. Derrière elles, se déploie une compétition plus discrète, impliquant le renseignement, la technologie, l’économie et la Diplomatie.
C’est précisément dans le cadre de cet espace invisible que se joue, souvent, l’équilibre stratégique réel.
L’influence de la Russie et de la Chine n’est pas sans peser, sensiblement, sur les diverses phases évolutives du plus grand différend du Moyen Orient.
La Grande Stratégie Russo-Chinoise vis à vis du Moyen Orient demeure, profondément, compatible avec les constantes, les fondamentaux et les invariables de la Politique Etrangère des deux Méga Puissances qui visent à promouvoir un Ordre International Multipolaire, dans lequel, les Etats-Unis d’Amérique ne seraient plus la puissance dominante.

