Les Changements Climatiques, Diplomatie des Enjeux Politiques !
Le Ministère de la Diplomatie pourrait-il se substituer au Ministère de l’Environnement dans la conduite des Conférences des Parties à la Convention Cadre des NU sur les Changements Climatiques ?
Au cours des 14ème et 15ème Conférences des Parties (Poznan, Copenhague), le Ministère de l’Environnement avait eu le privilège de s’identifier comme la locomotive de 192 Pays, Parties à la Convention.
Il est à rappeler qu’en 2001, la 7ème Conférence des Parties, organisée à Marrakech, était conduite à l’époque, par le Ministre Marocain de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire.
L’esprit suivant lequel, se sont déroulés les travaux de la COP15, avait exhorté le Mexique à opter pour la stratégie diplomatique et partant, conférer, le siège de la Présidence de la COP16 (Conférence de Cancun) au Chef de la diplomatie Mexicaine.
Le succès de la Conférence de Cancun avait incité, cette fois-ci, l’Afrique du Sud à emprunter le même itinéraire mexicain.
L’ancien Président de l’Afrique du Sud, Jacob ZUMA venait de désigner, dans ce contexte, un Comité Interministériel, chargé des préparatifs de la 17ème Conférence des Parties sur les C.Climatiques (UNFCCC) et de la 7ème
Conférence des Parties au Protocole de Kyoto (Durban, Afrique du Sud, 28 Novembre-09 Décembre 2011).
L’ancienne Ministre des Relations Internatio et de la Coopération, Maite Nkoana Mashabane, qui avait présidé ce Comité, avait été nommée Présidente de la Conférence (COP17), au moment où la Ministre de l’Eau et des Affaires Environnementales, Edna Molewa, avait présidé la délégation de l’Afrique du Sud aux travaux de la COP 17.
Le revirement soudain, dans le choix de la Présidence des Conférences des Parties sur les C.Climatiques, avait obéit au souci du succès de ces Réunions dans l’Etat d’accueil.
L’Afrique du Sud à l’instar de son prédécesseur, le Mexique, avait privilégié la performance du futur Accord de Durban, au delà de toute autre considération.
Si les Changements Climatiques s’identifient, apparemment, comme une thématique scientifique et technique, la stratégie de négociation est, toujours, politique.
Néanmoins, la dimension, voire la coloration politique des négociations, ne pourrait nullement, se dissocier de l’approche technico-scientifique.
En le contexte actuel des C.Climatiques, on ne pourrait priver l’équipe des négociateurs scientifiques, de leur meneur du jeu diplomatique, qui devrait lui revenir, le rôle de l’orientation politique, inhérente, en premier lieu, aux intérêts majeurs et suprêmes du pays.
Il convient de souligner que, non seulement le Mexique et l’Afrique du Sud, qui avaient opté pour le Ministère de la diplomatie comme chef du peloton climatique, mais également, le Maroc, à l’occasion de la COP22, ayant eu lieu à Marrakech, du 7 au 18 Novembre 2016.
C’est dire que les enjeux politiques déterminent, sans conteste, l’évolution, parfois, imprévisible du processus de négociations.

